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jeudi 13 décembre 2012

Les iris et le froid

Les iris craignent-ils le froid ?

Pour répondre à cette question, il faut en poser  une seconde : quels iris ? En effet, tous ne sont pas originaires de contrées aux hivers rigoureux et ne supportent pas sans dommage des températures négatives prolongées.

Lesquels protéger ?

Supportent le froid sans dommage particulier (liste non limitative) : les espèces originaires de climats continentaux, les iris pseudacorus et la plupart de leurs hybrides, les iris sibirica, les iris setosa, les iris spuria.
Ne supportent pas les froids rigoureux et prolongés, les espèces et hybrides originaires du Moyen-Orient : la plupart des arils. Les "arilbreds" quant à eux, issus du croisement d'un aril et d'un grand iris barbu résistent mieux, mais cela demande des tests (en fonction souvent du pourcentage de gènes d'arils dans la parenté. Les iris de Californie (Californica) supportent assez mal nos climats surtout quand se conjuguent froid et humidité.
Les iris de Louisiane pourraient a priori être considérés comme sensibles au froid car provenant de région à climat chaud et humide. Ici la région Centre n'a pas grand chose à voir avec les bayous de Louisiane… Pourtant, compte tenu de la disposition du relief, le Sud des Etats-Unis peut connaître en hiver du fait de la "descente" de masses d'air polaire, des températures assez basses. Sur le blog de l'AIS il est fait état de bassins gelés de manière prolongée sans que pour autant cela nuise à la pousse et à la floraison ultérieure des Louisianas. J'ai tenté l'essai cette année. Je vous ferai part des résultats !

Nos iris "modernes" supportent plutôt bien les hivers de nos contrées. Mais comme certains sont issus de croisements avec iris aphylla (originaire de contrées au climat plus clément) certaines précautions s'imposent parfois. Il faut ajouter enfin deux facteurs particuliers : la région où l'iris a été produit et élevé    (ainsi certains iris originaire de Californie éprouvent quelque difficulté à s'acclimater dans des contrées plus froides) et la nature du sol dans lequel il pousse (les sols lourds et humides ne réagissent pas au froid de la même manière que les sols sableux et très perméables).

Quelle protection?

Les espèces sensibles au froid cultivées en pot (les arils, oncocyclus et autres) devront être hébergées en serre froide ou au pire être abritées sous chassis.
Pour nos classiques grands iris barbus, aucune protection n'est a priori nécessaire sauf dans trois cas :
dans les régions très froides (région de montagne par exemple)
dans le cas de plantation récente avec la présomption d'un enracinement encore insuffisant
dans le cas d'iris plantés en pot et de températures durablement négatives.

Dans le cas d'iris en pots, les racines qui tapissent le pot sont donc plus vulnérables.
La protection la plus simple consiste, quand on le peut à enterrer le pot. Sinon, on assurera une protection convenable avec un voile d'hivernage qui les enveloppera et qu'on pourra retirer lorsque les températures redeviendront positives.

Certes, ça n'est pas très esthétique, mais c'est efficace !
J'ai utilisé cette technique pour mes semis précoces l'an dernier et je n'en ai perdu aucun.
Par contre les iris en pot qui n'avaient pas été protégés ont été gravement affaiblis et dès le mois de mars ont commencé à souffrir d'attaques de pouriture bactérienne.

Pour les plantations de pleine terre dans les régions froides ou pour les iris récemment plantés 

La première des protections, naturelle celle-ci, est la neige. Si le manteau persiste, sous la neige, les températures atteignent rarement des niveaux négatifs préoccupants. Ainsi, on peut se dispenser de tout autre protection.

Si une protection s'impose, quelle qu'elle soit, il faut partir de l'idée qu'elle doit être provisoire.
En aucun cas, elle ne doit subsister passée la période des grands froids.
Elle doit également être le moins biodégradable possible. Cela ne veut pas dire que l'on va couvrir ses iris avec des chips de plastique (pour des raisons esthétiques et parce que ça s'envole avec le vent. [Mais comme "isolant" ça n'est pas mal !!]). Il faut cependant éviter les débris végétaux à dégradation rapide (feuilles tendres par exemple) et tout ce qui pourrait, du fait de l'humidité entretenue, favoriser le développement des pourritures.
Cette protection, si l'on veut qu'elle soit efficace et non nuisible doit être alors épandue en couches épaisses.
J'ai utilisé avec quelque succès, les paillettes de chanvre. Avantage : elles sont dures et brillantes et l'eau glisse sur elles ; elles se décomposent très lentement, donc, peu de risque de pourriture. Inconvénient : lorsqu'il faut les retirer, ça prend un peu de temps.
Les écorces de pin en grosse section sont plus pratiques de ce point de vue, mais elles risquent d'apporter un facteur acide qui ne convient pas trop aux iris. De plus, elles peuvent se gorger d'eau par temps pluvieux.
Les jardiniers de Tours utilisent ce type de protection dans le nouvel espace du jardin botanique, sans dommage apparent. (Ils l'utilisent surtout pour limiter le désherbage)

Juger un iris n'est pas chose facile !

A plusieurs reprises, sur les blogs ou le forum de la SFIB, la question a été posée des critères de jugement et des compétences pour juger. Je n'ai pas l'intention de revenir sur cette question que je voudrais simplement aborder par un autre bout.
Pour tous les hybrideurs en herbe (dont je suis, même si l'herbe en question n'est pas toute tendre) la question du jugement se pose à l'examen des résultats de ses semis. On peut être indulgent (et combien l'ont été…) ou trop sévère. En tout cas, il convient de ne pas se pécipiter, car la floraison d'une année ne préjuge pas (dans un sens comme dans l'autre) de ce qui peut advenir par la suite.
J'en veux pour preuve la floraison (pour la première fois) cette année du "winner" de l'année. Je veux parler de Florentine Silk (Keppel 2005) qui a reçu la plus haute récompense aux Etats-Unis : la médaille de Dykes.
Voici comment ce champion a fleuri dans mon jardin :

Florentine Silk (Photo G.R.)

N'importe quel juge aurait trouvé la fleur très belle, mais la plante aurait été condamnée pour son branchement défectueux qui présente trois fleurs ouvertes en position sommitale.
Et l'on serait passé à coté d'un iris important. Bien sûr, cela ne risque pas d'arriver dans les grands concours puisque la plante a dû passer plusieurs barrières durement sélectives. Mais il peut se faire, que quand on ne juge qu'une fois (dans un concours comme Franciris) et que les conditions meteo n'ont pas été optimales, on passe à coté d'un champion.
Donc prenons le temps de voir comment une plante se comporte dans la durée avant de l'enregistrer ou de la jeter au tas de compost…

Cette chronique a été  retardée par un dysfonctionnement de ma connexion ADSL. Je salue la diligence et la compétence de FREE qui a diagnostiqué assez rapidement un problème dont l'origine était un cable France Télécom. La réparation est maintenant effective et le gain en vitesse est en outre sensible. Pourvu que ça dure.
La prochaine chronique portra sur "les iris venus du froid" c'est à dire de l'ancien bloc soviétique et d'Europe Centrale.

A bientôt j'espère…

lundi 19 novembre 2012

Hibernatus

Quelques problèmes de connexion empêchent cette chronique de trouver un rythme régulier. Et malgré mes tentatives, les solutions ne semblent pas être pour demain.
C'est ce qu'on appelle être "en bout de ligne". Et les collectivités locales ne s'empressent pas à améliorer la desserte des zones moins densément peuplées !

J'ai donc envisagé pour l'hiver un rythme de parution mensuelle, ce qui correspond aussi à la période d'hibernation où le plaisir d'iris se limite à la consultation des catalogues des antipodes !

Les plantations ne manifestent pour l'heure aucun problème. La sécheresse a fait place à un excès d'eau. La saison passée restera une des pires depuis longtemps. Mes amis vignerons disent la même chose qui ont récolté en petite quantité des jus qui ne feront sans doute pas date dans les caves.

Visite au pays d'Iris

Un trop court séjour au pays d'Iris, messagère des dieux (et particulièrement d'Héra) où aucun iris n'était en fleur, malgré le temps estival (26°) qui aurait pu laisser espérer une belle remontée. Encore eut-il fallu qu'il y ait dans les jardins (publics ou privés) des plantations d'iris.
Cela ne semble pas en effet être la priorité des Grecs qui ont d'autres problèmes, même si, en dehors des jours de manifestations, cela ne saute pas aux yeux du touriste. Mais comme on le sait "la misère semble moins pénible au soleil".

En parcourant les sites archéologiques, j'ai quand même trouvé quelques fleurs : une variété blanche de crocus (à safran ?)

des cyclamens… de Naples 


et des bégonias rex poussant entre les pierres du théatre d'Epidaure :


J'espère, la semaine prochaine être en état de publier une chronique plus fournie …

mardi 9 octobre 2012

Les Iris de BLYTH, nous et les autres


Une petite semaine fertile en événements : tout d'abord la réunion de l'assemblée Générale de la SFIB le week-end dernier dans cette belle région qu'est le Giennois, puis en début de semaine la réception du catalogue de Tempo Two présentant les introductions de Barry Blith; voilà l'occasion de réfléchir un peu plus sur les joies de l'hybridation et les mille et une "ruses" de la génétique 

* Hybridation : la magie Blyth 

Il n'est sans doute pas nécessaire de présenter ici le génial hybrideur australien Barry Blyth, qui lors de son voyage en France ce printemps, nous a présenté sa démarche et le résultat de ses travaux.
Voici quelques exemples utiles à méditer pour qui veut hybrider à son tour !

Les enfants ne ressemblent pas toujours à leurs parents

Voici un semis où la mère est un amoena orange "Ginger Ice" 

Ginger Ice (photo Barry Blyth)
et le père un bicolore ocre/pourpre
06-129A (Photo B. Blyth)
Parmi les iris obtenus deux sont retenus très différents de leurs parents où l'on retrouve la nuance des pétales du père dans le premier :
V116-1 (Photo B. Blyth)
 mais pratiquement rien de visible dans le second
V116-2 (Photo B Blyth
Autre exemple : un mariage d'un iris de Blyth avec un iris de Keppel (son compère et ami) :

Carnival Capers (Photo B. Blyth)
XGypsy Lord (Photo B. Blyth)


qui donne les résultats suivants :







Il faut dire que Gypsy lord a pour ancêtres :  'Last Laugh' X 95-52C: ('Braggadocio' x 'Romantic Evening') et que Romantic Evening incorpore dans son patrimoine 88-14: ((83-73-J2: ('Success Story' x ('Fancy Tales' x 'Alpine Castle')) x (('Persian Smoke' x'Entourage') x (('Strawberry Sensation' x ('Artiste' x 'Tupelo Honey')) x 'Borderline' sib))) x 'Costa Rica') X 88-215: ('Witch's Wand' x 86-3, 'Costa Rica' sib). Une véritable "soupe" génétique associant des iris assez anciens et de coloris très variés mais qui présentent presque tous de solides qualités (robustesse, branchement) et ont été la plupart récompensés à l'exception, c'est un comble, de 'Succes Story' le mal nommé !

De ces trois semis retenus, Barry Blyth considère que T26-1 était le plus spectaculaire et le meilleur de la saisons (bonne croissance, bonne taille, bon branchement). On mesure que même lorsqu'on a affaire à un hybrideur qui a une idée de ce qu'il obtiendra, la complexité de la génétique donne des résultats très variables.
Pour faire un bon iris, il faut donc observer quelques règles :
-choisir deux bons parents ayant toutes les qualités qu'on attend d'un iris
-choisir des variétés récentes
-être draconien dans la sélection des semis obtenus et ne garder que les meilleurs.

La grande diversité des semis

C'est à la fois la chose la plus fascinante et la plus déroutante qui soit ! On va sélectionner les parents en fonction d'un objectif : une barbe rouge sur fond bleu et, si l'on obtient bien un ou deux bébés présentant les caractéristiques requises, hélas, ils ont une mauvaise forme, une pauvre substance. Heureusement, parmi les semis, se trouvent un ou deux iris dont les coloris n'ont rien à voir avec ce qui était recherché, mais de belle forme, vigoureux et florifères.

De cette diversité B. Blyth nous fournit un exemple saisissant : je reproduis ici toute la page des résultats sélectionnés de son croisement :

On remarquera la qualité des parents et la diversité des résultats

Il y a des iris fétiches pour certains hybrideurs qui représentent une sorte de "Graal". Pour Barry Blyth, 'Adoree' est de ceux-là. Il l'a utilisé à foison dans de multiples croisement et ce qu'il a obtenu est tout sauf médiocre. 

On le retrouve dans les introductions 2012/2013 comme mère avec 'Pirate Queen', 'Cinderella's Secret 'ou comme père avec 'Sudden Bliss', 'Tempo Rouge', 'Adoranova'


Cinderella's Secret [Adoree X (I'm Dreaming sib xPlatinum Class sib)] (Photo B. Blyth)

Pirate Queen [même parenté] (Photo B. Blyth)

Sudden Bliss (Glad All Over X Adoree) (Photo B. Blyth)

 'Adoranova' [Glad All Over X Adoree] (Photo B. Blyth)

Le nom même de l'iris dit bien qu'il est pour Blyth le digne successeur d'Adoree'. Il le décrit comme "a stronger version of its parent 'Adoree'" 

'Tempo Rouge' (Glad All Over X Adoree)

On mesure la joie qui doit être celle de l'hybrideur, lorsque dans un même semis on découvre deux iris de la qualité des deux ci-dessus ! Méditation aussi sur la diversité …

Le Blyth nouveau est donc arrivé !

L'arrivée dans les boites du catalogue de Tempo Two qui met en scène les dernières obtentions de B. Blyth est toujours un moment d'émerveillement.

J'ai retenu quelques variétés à coté de celles montrées plus haut qui rentreront peut-être dans mon jardin bientôt :

Les "baisers" :
 Sweet Kisses (Photo B. Blyth)

Hidden Kisses (Photo B. Blyth)

les amoenas :

'Music of the surf'  (Photo B. Blyth)
Un descendant de Wintry Sky avec un branchement superlatif



Cross My Heart (Love Again X Dinner Talk) (Photo B. Blyth)




douceur et volupté :



'Matters of the Heart' (Kissable You X Are We in Love) (Photo B. Blyth)


* La réunion annuelle des mordus d'iris

Lorsque l'automne pointe son nez, les amateurs d'iris et de bulbes tiennent leur assemblée générale.
Cette année ce fut à Poilly lez Gien aux établissements Cayeux et en présence du maître des lieux, ainsi que d'autres professionnels des iris (Pascal Bourdillon et Senteurs du Quercy)

Réunir des amateurs en provenance de tous les coins de France n'est pas chose facile. Mais une quinzaine de participants passionnés s'étaient quand même retrouvés, d'abord dans un sympathique petit restaurant de Gien, puis dans les locaux de Richard Cayeux.

• Parmi les problèmes débattus, plusieurs retiennent mon attention : la difficulté d'organiser en France un concours national et d'en maintenir la perennité, le développement de l'hybridation, les commandes groupées à l'étranger

Franciris

Franciris a été depuis 2005, la vitrine française du monde des iris. Tous les deux ans, un concours international départage les nouveautés venues du monde entier, tandis qu'un critérium du public effectue un classement des variétés les plus séduisantes.
Organiser un tel concours est difficile : il faut des partenaires fiables qui puissent fournir le lieu, assurer la plantation et l'entretien pendant deux ans, il faut des financement, car un tel concours coûte cher et des juges en nombre suffisant. Enfin il faut une météo favorable et des iris qui veulent bien fleurir au moment où le concours a lieu.
Si les premières manifestations ont été un succès, le concours 2011 a été plutôt calamiteux : mauvais entretien des cultures, floraison très en retad du fait de la météo. Le concours 2013 a dû in extrémis être annulé tandis qu'on recherche un nouvel hébergement pour les ollections et les plantations du concours 2015.
Pourquoi réussit-on sans difficulté ce genre de manifestation à Florence ? Pourquoi autant de difficultés en France où les amateurs d'iris ne sont pas moins nombreux ?
Sans doute dufait d'une moindre implication des pouvoirs publics. A Florence l'iris est l'emblème de la ville, et ceci explique peut-être cela. Mais le lieu aussi explique peut-être les difficultés. La perspective d'un transfert au Parc Floral de Paris, à l'étude, permettrait peut-être de donner à ce concours plus de visibilité et plus de public. A suivre…

L'hybridation : aide et entraide

Le projet a été formé de constituer des groupes d'hybridation avec comme idée directrice : aider les "jeunes" hybrideurs à effectuer leurs croisements, en échangeant des "trucs", ou plus sérieusement, du pollen de variétés récentes pas nécessairement détenues. L'idée est même avancée de faire réaliser par tel ou tel  un croisement que l'on ne peut faire dans son jardin faute des variétés nécessaires.
Idée interessante, difficile à mettre en place, mais en cours d'élaboration.
Ce qui semble par dessus tout interessant dans cette idée, c'est de permettre la multiplication des tentatives, la confrontation des expériences, l'explication des cheminements, la comparaison des performances. Ainsi satisfera-t-on peut être, ceux qui trouvent que trop d'iris introduits ne  présentent pas les caractéristiques de nouveauté et de qualité indispensables. 

Les commandes groupées à l'étranger.

C'est une opportunité qu'offre à ses adhérents la SFIB, qui permet à tout un chacun d'acheter aux Etats-Unis, en Australie, en Slovaquie, un ou plusieurs rhizomes, en bénéficiant de prix avantageux (plus on commande moins cela coûte cher) et surtout en s'évitant les problèmes de certificat phytosanitaire et les tracasseries douanières. Inconvénients que supporte seul le responsable de ces commandes, le secrétaire général, Roland Dejoux.
En effet, les contraintes phytosanitaires sont devenues beaucoup plus draconiennes. Alors qu'autrefois, il suffisait qu'unétblissement reçoiveannuellement la visite de l'inspecteur phyto sanitaire, désormais chaque envoi doit faire l'objet d'une visite sanitaire, ce qui en augment considérablement le coût. L'avantage des commandes groupées, c'est qu'une seule visite va être nécessaire au lieu des 25 qu'il aurait fallu si chacun avait commandé séparément. A noter que Barry Blyth propose d'étendre ce système à l'ensemble de l'Europe en passant par la Hollande et la France, la SFIB assurant un rôle de redistributeur. 
Les tracasseries douanières sont aussi un casse-tête contre lequel il n'y a guère de solution que de contournement. Pas pour des raisons financières. Nul ne conteste le paiement des droits de douanes. Mais nombreux ont été ceux qui ont souffert de l'humeur ou de l'incompétence des services douaniers (ergotages sur le certificat phyto, contestation de la valeur des biens à laquelle appliquer la taxe, délais de rétention et bien d'autres). Le passage par la Hollande (via un transitaire) permet le plus souvent d'éviter ces inconvénients.
Certes tout ceci a un coût qui n'est justifiable que lorsqu'il s'agit de variétés très récentes, indisponibles chez les producteurs ou chez les collectionneurs français. Rappelons que la SFIB a établi pour ses adhérents une liste des variétés disponibles à l'achat ou à l'échange qui comporte plusieurs milliers de variétés de toutes sortes (barbus ou glabres, grands ou petits, espèces ou hybrides, anciens ou modernes)


•Les divers chemins de la culture

Il n'y a pas que la culture des iris et l'A.G. de la SFIB est souvent l'occasion de visites (jardins, monuments, etc.)
Cette année, compte tenu de la richesse du patrimoine local, une visite a été organisée pour les adhérents restés sur place de deux hauts lieux de l'art médiéval : l'abbaye de Fleury à Saint Benoit sur Loire avec sa tour porche, chef d'œuvre de l'art roman et l'oratoire carolingien voisin de Germigny des Prés (début du IXe siècle) , qui possède dans le cul de four de l'abside, la seule mosaïque "byzantine" de France à l'imitation de celles de Ravenne.
La crypte de l'Abbaye de Fleury abritant les reliques de Benoit de Nurcie (Photo C. Raffaelli)


Jean recevant de l'archange le livre destiné aux sept églises d'Asie (Apocalypse de Jean) Chapiteau de la tour porche (Photo C. Raffaelli)


Les visiteurs… (en fond l'oratoire carolingien de Germigny des Prés) (Photo C. Raffaelli)
Deux archanges symbolisant le peuple chrétien et le peuple juif entourant la "main du Sauveur" montrant l'arche vide : une représentation allégorique qui remplace (en pleine querelle sur les images (déjà !)) les représentations, habituelles en cet emplacement, du Christ et de la Vierge (Photo C. Raffaelli)

jeudi 27 septembre 2012

Travaux d'automne au jardin d'iris


Travaux d'automne (suite)

Nous avons évoqué la semaine dernière les plantations tardives. Dans les régions les plus favorisées, il n'est pas trop tard pour planter. Aussi est-ce l'occasion d'évoquer quelques questions récurrentes concernant la plantation.

Planter en ligne ou en triangle ?

La question revient souvent : faut-il planter ses iris en ligne ou bien constituer des touffes en plantant trois (ou cinq) iris en triangle, rectangle ou pentagone, le nez vers l'intérieur, pour obtenir plus rapidement un "effet de masse" et éviter l'effet poireau ?
J'ai essayé les deux solutions, la première présente le risque de télescopage de couleurs, mais l'identification est simplifiée, la seconde permet d'associer les couleurs, de réaliser des taches, de rompre la monotonie des rangées alignées comme à l'école de mon enfance ou pour un défilé de 14 juillet.
L'inconvénient de la plantation en taches, c'est qu'au bout de deux ou trois ans, compte tenu de la différence de croissance des variétés, les rhizomes s'entremèlent, se confondent, et c'est ensuite l'horreur pour s'y retrouver : maux de tête garantis à la prochaine division ! Cette solution n'est viable que si l'on a peu de variétés et (ou) beaucoup d'espace, car il convient d'espacer fortement les touffes entre elles ! Minimum 80 cm.

Planter par couleur ou par ordre alphabétique ?

La question est un peu académique, car s'il s'agit d'ajouter chaque année de nouvelles variétés, elle ne se pose pas dans ces termes. Mais, si on refait totalement ses plantations auxquelles viennent s'ajouter les nouveaux rhizomes commandés, quel ordre choisir ?
Si l'on plante par couleur et si l'étiquetage est défaillant, les risques de mélange sont nombreux tant les ressemblances entre certains iris sont grandes.
Si l'on plante par ordre alphabétique, le risque c'est le manteau d'arlequin à la floraison, des couleurs qui se heurtent, en somme quelque chose de disgracieux.
Pour le collectionneur, l'ordre alphabétique s'impose, pour un jardin d'agrément, il vaut mieux privilégier les associations de couleur (sur la ligne et entre les lignes en cas de plantation en billons.

Que planter avec des iris ?

Question souvent posée sur les forums : pour éviter hors floraison l'aspect "champ de poireaux", quels végétaux associer aux iris ?
La réponse à cette question est relativement simple : peu de végétaux se prêtent à cette complantation, soit parce qu'il développent un feuillage important qui nuit à la réception par le rhizome des rayons du soleil nécessaires à son développement, soit parce qu'à l'époque ou l'on va déplanter les iris pour les diviser (au moins tous les cinq ans) ils seront en pleine période végétative.
Restent les bubeuses…
La plupart des tulipes botaniques de petite taille et de faible croissance se prêtent à l'exercice ainsi que les scilles, les muscaris et de nombreux allium de petite taille.

Muscari botyoides (photo Wikipedia)






















Inconvénient de ces bulbeuses, elles accompagnent les iris mais disparaissent l'été et l'automne, au moment où le "champ de poireaux" est le plus triste.
Il faut donc trouver à défaut de bulbeuses (éviter absolument le colchique dont les feuilles sont envahissantes) des plantes annuelles à feuillage très maigre. On indiquera la Julienne de Mahon et l'eschotzia de Californie, deux plantes qui peuvent se semer en place en mars-avril et ont un port très aérien. De plus l'escholtzia se ressème la plupart du temps spontanément.
Il faudra simplement veiller à éclaircir, la plante ayant tendance à devenir envahissante !
Eschotzia ou Pavot de Californie (photo Wikipedia)


Parmi les plantes vivaces, une des rares pourvue d'un port aérien à fleurir en été : la verveine de Buenos Aires (verbena bonariensis) très gracieuse quand elle se plait (ici, un panicule seulement sur une touffe)
Verbena bonariensis (photo wikipedia)



Il vaut mieux oublier les campanules Takesimana qui se propagent à la vitessed'une "mauvaise" herbe !
Il va de soi que dès lors qu'on plante autre chose que des bulbeuses, l'usage de désherbant type Sencoral est proscrit ! Désherbage manuel uniquement !


Mais la question de la complantation revêt un autre aspect, celui de la lutte biologique contre les ravageurs et les maladies. Elle est un élément central de la culture biologique. Arrêtons nous-y un instant !
Il est un domaine où ces questions ont été particulièrement étudiées qui est celui de la viticulture : Les objectifs étant en l'occurrence de deux ordres : le premier : concurrencer la vigne pour obliger celle-ci à aller chercher ses ressources plus en profondeur, le second (celui qui nous intéresse le plus) : installer un équilibre biologique qui combatte les effets néfastes de la monoculture et permette de lutter contre les organismes (champignons, insectes et autres) nuisibles à la culture. Peut-on oser que ce qui fonctionne pour la vigne fonctionne pour les iris ?

Cela suppose la culture en rangées largement espacées (au moins 1, 20 m) entre lesquelles on constituera des "bandes enherbées" où on sèmera des végétaux choisis avec soin : œillets pour leur pouvoir nématicide, œillets d'Inde pour la lutte contre les pucerons, achillée ou tanaisie pour attirer les coccinelles, myosotis pour repousser certaines larves, la lavande et certaines plantes aromatiques qui éloignent les puceerons. On fauchera en fin de saison en enfouissant par un passage de motobineuse ou de sarcloir.

On peut envisager aussi, dans les terrains infestés par le taupin, la plantation de rangées de carottes pour les piéger. Plus simple et plus rapide peut être, l'introduction dans les rangs, de carottes achetées chez l'épicier, que l'on relèvera régulièrement pour enlever les taupins ainsi piégés.

Cette méthode suppose dans tous les cas un espace important entre les rangées afin que la bande enherbée joue son rôle et ne contribue pas à l'effet contraire : attirer les ravageurs sur nos iris bien aimés !

Et les "mix-borders"?

Les mix-borders fonctionnent justement surl'association de végétaux, de manière à avoir une décoration perenne. Elles associent vivaces, petits arbustes avec un souci d'harmonie des couleurs et d'alternance des floraisons. C'est l'expression achevée de l'art britannique des jardins. C'est un exercice qui demande beaucoup de goût, du temps dela place et une bonne connaissance des végétaux. Ceci dit, pour l'avoir essayé, ce n'est pas un système qui convient à uncollectionneur d'iris ayant beaucoup de variétés.Mais pour l'amateur, c'est une expérience à tenter à condition de fournir aux iris qu'on incorpora dans cette plate bande, de l'espace et du soleil !

Retour sur l'hybridation

Une véritable frénésie d'hybridation a saisi les collectionneurs français. Le grand hybrideur australien Barry Blyth, lors de sa visite récente dans notre pays a noté la qualité des hybridations réalisées par certains collectionneurs membres de la SFIB. Le forum de la société regorge d'images toutes plus séduisantes les unes que les autres de ces créations, hélas pas souvent commercialisées.

Pourquoi hybrider ? Petit rappel

 L'iris comme d'autres végétaux connait deux modes de reproduction : une reproduction végétative et une reproduction sexuée.
Le mode de reproduction végétative, par croissance de nouveaux rhizomes sur le rhizome mère, conserve fidèlement les caractéristiques de la plante : couleur, forme, vigueur, multiplication. En dehors des cas assez rares de mutations qui peuvent produire des chimères, il est impossible par ce processus d'obtenir autre chose qu'un iris identique à celui que l'on a planté. D'où la vanité de toutes les discussions, souvent obstinées sur le thème : "j'ai planté des iris roses et aujourd'hui ils sont bleus".
Le seul moyen de faire du bleu avec du rose (si on peut oser cette assertion aventureuse) c'est la reproduction sexuée qui va associer les gamètes d'un iris mère (via ses stigmates) et les gamètes d'un iris père, via son pollen.
En dehors de manipulations génétiques ou de traitements chimiques (via la colchicine qui peut provoquer des mutations) c'est le seul moyen d'obtenir un iris différent des parents. Tous les enfants de ce croisement seront différents des parents même si certains sont "semblables".
On l'a dit précédemment, en l'état actuel des choses, on ne connaît pas les genes responsables de tous les phenotypes. On a identifié quelques genes responsables des pigments, mais on est assez loin de contrôler tous les paramètres. Le nombre considérable de chromosomes en jeu dans les variétés tetraploïdes fait qu'on n'échappe pas encore à la loterie de la génétique.
Les tentatives d'incorporer un gene allogène dans une séquence de l'iris initiées par l'Université de l'Oregon n'ont pas abouti. Le génie génétique n'en est encore, pour ce qui nous concerne, qu'à ses balbutiements. Question de temps ? D'argent ?

Pour l'heure, si l'on veut un iris rouge géranium, il reste… Photoshop


Photo mutée… Couleur pas encore disponible sur le marché des pigments d'iris, mais on s'en approche

La chimie des pigments

Les pigments, c'est ce qui "donne"  la couleur aux organismes végétaux (feuilles et fleurs). Ils absorbent ou reflètent la lumière.
Le plus connu et le plus important de ces pigments, c'est la chlorophylle qui reflète la lumière verte et jaune et absorbe les autres couleurs (violet, orange, rouge). Ceci explique pourquoi les plantes sont vertes.
Les autres pigments présents dans les végétaux sont pour les plus importants d'entre eux :

-les flavonoïdes : ce sont les principaux pigments responsables de la couleur des fleurs, bloquent les rayonnements U.V. et sont responsable d'une large gamme de couleurs allant du jaune au violet


La couleur peut varier en fonction de la nature plus ou moins acide du milieu cellulaire. C'est le même pigment qui tantôt donnera un bleu profond (chez le Meconopsis par exemple) ou un rouge vif (coquelicot). De même la composition du sol (plus exactement le PH [Potentiel hydrogène]) peut influer sur les pigments (ainsi l'utilisation d'alun permet de virer au bleu certains hydrangeas qui autrement resteraient roses ou rouges). Ce point est capital, car il est la cause principale de l'échec du transfert de pigments colorés par génie génétique : la tentative de tranférer le pigment bleu (delphinidine)  du pétunia (milieu alcalin de la cellule) dans le génome de la rose (milieu acide de la cellule) a échoué : la delphinidine en milieu acide donne une coloration rose.

-les anthocyanes : ces pigments sontune catégorie particulière de flavonoïdes. Ils font partie des pigments hydrosolubles situés dans les vacuoles superficielles de l'épiderme des cellules végétales et donnent les tons bleus, mauves, rouges ou violets.

-les caroténoïdes (carotène, xanthophylle), pigments dits "liposolubles" (comme la chlorophylle) et présents dans les chromoplastes des cellules. Ils sont responsables des coloris jaune, orange et rouge.

Mais certains pigments peuvent être "masqués" par d'autres : ainsi les caroténoïdes peuvent être masqués par la chlorophylle la plupart du temps. Ainsi dans les feuilles d'érable, où la couleur rouge n'apparaît qu'à un moment où les jours raccourcissant et la température diminuant, la photosynthes est moindre et la chlorophylle moins puissante.

L'hybridation consistera donc à sélectionner des parents dont la descendance accentuera ou masquera certaines couleurs. Les caractéristiques qui déterminent les couleurs des fleurs sont portées et transmises des parents à leur descendance par des allèles spécifiques, c'est-à-dire les variantes d'un gène sur les chromosomes. 
C'est à ce niveau qu'il est possible d'agir : en favorisant une dominance plus ou moins complète des allèles on pourra modifier la gamme de couleurs des "bébés" obtenus.


La semaine prochaine, quelques exemples pratiques dans l'hybridation des iris.
La livraison aura peut-être un peu de retard pour cause d'A.G de la SIB,  dont nous reparlerons

jeudi 20 septembre 2012

Travaux d'automne

Un long silence

Plusieurs mois sans une seule publication méritent quelques mots d'explication.
Contrairement à ce que j'espérais, Erwinia "bouffe-carottes" (Erwinia Carotovora) ne m'a pas laissé de répit et a infecté de nouveaux massifs, ce qui m'a obligé à un important travail dans le jardin, achevé hier.
Ça n'a pas contribué à me réchauffer le moral et les péripéties face à cet ennemi rapproché m'ont fortement interpellé. Dans un blog qui est censé fournir des conseils sur la culture des iris, que dire qui ne sera pas invalidé par l'amer constat des échecs, quelques jours ou quelques semaines plus tard. J'y reviendrai plus loin…
J'avais entrepris aussi une réflexion sur la génétique et l'hybridation des iris, mais j'avais sous-estimé le travail à accomplir avant d'en maîtriser les arcanes. Le temps du Lycée est loin et quand je l'ai quitté, l'enseignement n'avait pas encore intégré l'existence de l'ADN…
J'essaierai la semaine prochaine de livrer quelques pistes utiles. Cette semaine quelques remarques pratiques sur les travaux à effectuer au jardin et un état des lieux face à la lutte contre la pourriture bactérienne.

Que faire aux iris en cette fin d'été ?

Terminer les plantations si ce n'est déjà fait

Dans les régions les plus clémentes, on peut encore planter les nouvelles acquisitions, sans trop tarder, car il faut qu'avant les gelées les plants aient eu le temps de s'enraciner.
Penser à les arroser de temps en temps jusqu'à reprise, à les étiqueter soigneusement, et à recopier sur un cahier le plan de plantation : une étiquette peut être dérangée par une taupe, un chat (c'est le sport préféré du gentil greffier de mon voisin) ou encore un enfant.
Ici, c'est fini, provisoirement : les nouveautés ont été installées sur un emplacement provisoire (hélas un peu étroit) en attendant de les installer à leur emplacement définitif l'an prochain (plantation en quarantaine de précaution)


Nettoyer les massifs
Enlever les feuilles sèches en les tirant doucement. Si elles ne viennent pas toutes seules, les couper au sécateur. En tout état de cause, éviter de blesser le rhizome.
Couper les feuilles tachées et seulement celles-ci. La question est souvent posée sur les forums : faut-il couper les feuilles ? La réponse est : non si elles ne sont pas tachées, car le feuillage participe à la photosynthèse qui contribue à la croissance de la plante. On se contentera donc d'éliminer les feuilles trop tachées et plus simplement de les couper au dessus de la dernière tache (de fait on obtient une coupe en éventail)
taille des feuilles tachées 

Désherber

Enlever les mauvaises herbes, car elles constituent un refuge à parasites et nuisibles de toute sorte.
Eviter le round-up et le glyphosate en général qui risque de compromettre la floraison si une goutte atteint le rhizome (monstres). Utiliser la main ou les outils de binage.
Une fois le terrain propre, si l'on n'a plus l'échine souple et (ou) si la surface à désherber est importante, on peut utiliser un désherbant comme le Sencoral qui empêche la germination des dicotylédones. Mais pour qu'il soit efficace, ce produit suppose qu'il pleuve. Par temps sec et sans arrosage ça ne sert à rien.

Traiter si nécessaire

Un traitement à la bouilie bordelaise préviendra les taches du feuillage (hétérosporiose) et aidera (peut-être) à lutter contre les bactéries pathogènes qui n'aiment pas le cuivre.
Précisons que la bouillie bordelaise est acceptée en agriculture biologique…

Donner à manger à ceux qui ont faim

La question des engrais a fait l'objet de débats animés sur le forum de la SFIB. C'est volontairement que nous avons choisi le titre ci-dessus.
La question n'est pas théorique mais pratique. Si votre sol est suffisamment nutritif et si vos iris ne souffrent pas de sous-alimentation, inutile d'en rajouter. Dans ce cas, on se contentera d'aérer le sol par un griffage superficiel et c'est tout. Les rhizomes en "poussant" vont chercher d'eux-même la nourriture dont ils ont besoin, dans  un sol qui n'est pas épuisé.
Avant de déverser des quantités d'engrais (organiques ou chimiques), il faut connaître la nature du sol et comprendre les besoins de ses plantes.
L'iris pour croitre a besoin de potasse qui contribue à l'accumulation des réserves dans le rhizome. Il a aussi besoin de phosphore pour bien fleurir. Sur les sacs d'engrais, ces deux  constituants sont désignés par des lettres (P pour le phosphore, K pour la potasse). Faut-il aussi apporter de l'azote (N), un constituant qui aide à la pousse des feuilles ? On répond généralement "non". Et on a tort. On a tort, parce qu'on ne peut être systématique. Cela dépend de la nature du sol, de sa teneur en matières organiques. Un sol sableux nécessitera un apport d'azote alors qu'un sol argileux et humique n'en n'aura sans doute pas besoin. L'azote parce qu'il aide à la pousse des feuilles a son utilité : les feuilles sont indispensables à la photosynthèse qui permet à la plante d'accumuler les réserves. Avec des feuilles rachitiques, la plante se développera mal.
Mais tout est affaire de mesure : " Rien de trop" ( Meden Agan (μηδὲν ἄγαν)) disaient les Grecs anciens qui avaient inscrit cette devise sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes. 
A trop "bourrer" ses iris d'azote, on favorise la pourriture bactérienne (Erwinia en raffole), au mieux un excès d'azote favorisera la pousse de feuilles au détriment de la floraison. 

Certains disent : je n'utilise pas d'engrais, je fais simplement un apport de terreau ou d'or brun". Mais certains terreaux sont riches en azote et particulièrement les terreaux enrichis en Or Brun, ainsi présenté sur le site de la marque : "Regorgeant d'azote, de phosphore, potasse, fer, calcium, magnésie, oligo-éléments, acides humiques et micro-organismes, il améliore les caractéristiques agronomiques du sol en nourrissant, régénérant et restructurant la terre."
Attention donc à l'apport caché d'azote ! Mais si votre sol en a besoin, cette solution en vaut bien d'autres.

Une saison en enfer

Résumé des chapitres précédents 

Cette année, nous avons ici, tout connu, gel précoce, grele, hétérosporiose, pourriture bactérienne à épisodes multiples, insectes, etc.
Les pertes ont été sévères (près de deux cents pieds dont une cinquantaine de variétés anciennes ou pire encore, très récentes) et les soins pas toujours concluants (180 iris mis en pot après curage, javellisation et sèchage). Voir les rubriques des livraisons précédentes.
Mon hôpital : le "Val de Grâce"
Bilan

Le constat est un peu alarmant. la bactérie a montré des signes de résistance au bain javellisé. Le traitement de certains rhizomes (les plus récents et les plus chers) avec une pommade antibiotique (à titre d'essai et en pot, donc sans risque de dissémination) n'a pas toujours donné de résultat.
L'analyse des conditions d'apparition et de développement de la bactérie a défié toutes nos certitudes. Ni l'exposition, ni le sol, ni l'azote ni les engrais en général n'ont permis d'expliquer la généralisation de l'infection dans des conditions très différentes de sol, d'exposition ou d'apport d'engrais. (Même en pot, dans un terreau stérile en exposition ensoleillée)…
Cela nous laisse perplexe et nous amène à nous interroger sur une dangerosité plus grande de la bactérie devenue plus résistante que parle passé.

La recherche de remède n'aboutit pas pour l'instant (en l'absence de solution antibiotique, interdite dans l'U.E.). Mon enquête auprès des producteurs de légumes sensibles à ce fléau (carottes, pommes de terre) n'a rien donné : ils jettent les tubercules ou racines touchées et changent de terrain l'année suivante). Les ouvrages qui traitent des maladies de l'iris ou des tubercules en général conseillent d'arracher et de bruler. Les pistes d'avenir sont :
•la découverte d'un virus bactériophage. Les virus possèdent en effet la particularité de percer la membrane de la bactérie et de la tuer ou de la rendre inoffensive. Si on a trouve le phage d'Echerichia Coli, on n'a pas, à ma connaissance effectué de telles recherches (ou pas abouti) avec Erwinia. Les enjeux économiques et humains ne sont pas les mêmes. On peut le comprendre.
•le génie génétique : Une modification du génome de l'iris par introduction d'un gene de résistance à la bactérie. Mais l'iris, on l'admettra,  n'est pas une priorité, le cout étant de surcroit  prohibitif. En outre, est-ce vraiment utile de jouer ainsi avec la nature ?

Les semis n'ont pas été nombreux, la pluie de printemps ayant empêché les fécondations. Quatre capsules ont donné une quarantaine de graines. Espérons que parmi celles qui germeront se trouvera l'iris dont je rêve.

En ce moment la sécheresse sévit : 2 mm d'eau en un mois et demi. A plus de 5 € le m3, il n'est pas question d'arroser. Donc, pas de remontée. On se contente des roses qui, plus généreuses que nos fleurs préférées ont la bonne idée de nous donner le spectacle de leur beauté :

Scepter d'Isle Rosier anglais d'Austin